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  /  Visuel   /  Bouffes Parisiennes

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COMMENTS: 4

  • Yo
    19 avril 2019

    Comme si rien ne pouvait l’arrêter. Elle bondit, s’envole, se pose, une pause. Elle bondit, s’envole et disparaît, mais déjà, elle revient. Elle nous regarde, ses yeux scintillent dans la pénombre, un félin. Ses pas ne font pas de bruit. Ils sont de velours, comme une caresse sur le sol noir de la scène, elle glisse avec une grâce infinie. Son corps est comme balancé par la musique : tantôt elle se laisse porter, tantôt elle la porte. Elle la porte si bien, comme un vêtement, comme une belle robe qui danserait au gré des brises d’été… Elle se balance, pivote, saute, et tout à coup s’arrête. Elle brise la vague avec une violence qui ferait trembler la salle si la foule n’en était pas complètement paralysée. Mais, en réalité l’écho s’est répercuté, dans un tressaillement quasi imperceptible traversant et bouleversant chacun des spectateurs, un à un, personnellement. Nous pensions qu’elle était seule face à nous, elle nous a laissés seuls face à la vague. Déjà elle repartait, coupant notre souffle, dans une chorégraphie rythmée, m’amenant de plus en plus profond. Elle me rappelle la liberté, elle me rappelle tous ces étés à rêver, où rien ne nous arrêtait nous non plus, où il n’y avait pas de conséquences, où tout était permis, où le rêve était notre seule réalité. Elle me rappelle toutes ces vies qui étaient la mienne, et tous ces amours que je n’ai jamais vécus et qui pourtant m’ont tant touché. Elle semble tous les incarner à la fois. Il me semble l’avoir aimé pour l’éternité. Elle me rappelle quand nous étions seuls face au soleil, quand nous étions seuls face à nos projections. Elle me rappelle quand nous pensions avoir tout vu, quand nous avions tout à voir. Elle me rappelle les champs couleur de blé, l’herbe fraîche si verte, se teintant ardemment de feu au coucher du soleil, et encore, tendrement au petit matin, comme si de rien n’était, se couvrant de rose et de rosée. Elle me rappelle l’étonnante fraîcheur du grand sol, l’azur de l’eau. Elle me plonge toujours plus profondément au fond de moi-même, mais elle s’arrête et m’attrape, me griffe. Silence, la musique s’est arrêtée, elle m’a dévoré, elle ne danse plus, elle me regarde. Les yeux si perçants, un tigre, elle me brûle. La lumière se rallume et dissipe alors le voile d’intimité qui pesait sur la salle. Tout a disparu. Plus rien de l’été de ma jeunesse, plus rien de mes aventures, plus rien de son amour, plus rien de ce félin qui dansait. Plus qu’une salle remplie de Parisiens. Subsiste pourtant le tremblement. Je ne pourrais me lever si je le voulais, alors je prends le temps d’accepter que le voyage soit terminé.

  • Nat
    19 avril 2019

    Les bouffes parisiennes ont disparu. On s’appelle on se fait une bouffe ? Cette phrase ne se dit plus. D’ailleurs on ne s’appelle plus, on se « texte ». Appartements trop exigus, je n’ai que trois chaises et une table basse. Viens on commande ? Un humanoïde roulant va nous amener notre bouffe sous film plastique, rejoignant la chevauchée sauvage des vélos/glacière noire et verte. Sous les nuées écarlates des feux de circulation, ils se toisent. C’est le western moderne. Tête à tête avec ma barquette en alu, si ce n’est pas le bonheur ça y ressemble, trait pour trait. Si on peut acheter et vendre, pourquoi échanger. La flemme. Si on fait une bouffe faudra en plus parler ?

  • Ohm
    18 avril 2019

    Des nuées écarlates, mes yeux Imbibés de sang, je me ressemble trait pour trait. Pourtant suis-je bien celui que je prétends être ? Ce questionnement perpétuel, ça vous parle ? J’ai l’impression d’être un spécimen unique dans la foule, une conscience, un esprit différent. Pourtant je réactualise les mythes. Ceux de mon enfance, de ma jeunesse,
    Imaginez, quand j’étais petit, je pensais devenir un héros, un policier, un être unique. Inconsciemment aujourd’hui je pense l’être et je pense l’être différemment. Hier je pensais que mon prochain était bon, aujourd’hui je panse l’inverse. Cela demande de la force, de garder sa naïveté juvénile. Dans ce monde où l’on ne fait qu’acheter, vendre et finalement si peu échanger.

    Alors toi qui lis ce texte, aide-moi, prend cette création et absorbe-la. C’est là tout ce dont je suis capable. C’est là que j’écris, que je tente cette dernière action avant de retourner encore une fois le miroir de mon être et découvrir une autre facette de celui-ci. Peut-être sera-t-elle moche, comme celle où mon être se faisait écraser par la verve et l’avoir, peut-être sera-t-elle belle.
    Mes différentes expériences me guident afin de trouver la voix et mettre les mots sur les maux qui accompagnent ma voie. Vois au loin ces bras qui me hissent loin de ces gens qui me haïssent.
    Je vis je rêve, ça vous parle ?
    A bientôt les amis.

  • Engo
    12 avril 2019

    Abonnez-vous à la bouffe parisienne ! C’est un spécimen culinaire à la mode. Le mythe dit qu’elle est tellement exquise qu’elle vous rendra les yeux écarlates.